En réaction aux propos de certains
astrologues en herbe dénonçant
"l'égocentrisme" comme un vilain pécher
-car pris dans une acception péjorative-, j'ai
voulu réagir en resituant ce qu'est
réellement l'égocentrisme. Cela parce
qu'il faut le dire et le rappeler : il n'est pas de
science plus égocentrique que l'astrologie ! On
ne le voit dire et affirmer nulle part, mais c'est
probablement ce qui explique que la religion
catholigue n'en ait pas trop apprécié
"l'essence", laquelle soustrait à
l'autorité de son dogme l'individu pensant
!
J'ai entendu, sans y participer, des astrologues se
plaindre de voir un peu partout sur des lieux de
réunions d'astrologues sur le web des
polémiques et des confrontations d'egos. S'il
m'a fallu admettre que le milieu astrologique
n'échappait pas à cette
réalité bien humaine du "panier de
crabe", je continue de juger cela indigne d'un
astrologue.
Certains vont jusqu'à dire que les
astrologues sont incapables de s'entendre entre eux
car ils sont trop égocentriques, justement. Et
de ce justifier d'une signature "uranienne" propre
à l'astrologue, comme si Uranus devait rompre,
et non "relier" les êtres. Et bien il m'est
plutôt avis de de tels astrologues encore au
stade de la "rupture" et de la "revendication
d'indépendance, ne sont pas encore assez
uranien, justement ! Ce type de petites guerillas ne
constitue à mes yeux qu'une étape de
l'astrologue non encore pleinement sûr de lui et
centré, non encore vraiment "affranchi",
"libéré".
Il faudrait pour parvenir à ce niveau que
l'astrologue persévère en
l'étude. Mais bien souvent il se contente de
son maigre bagage pour commencer à professer,
voire jeter des anathèmes sur ses
confrères. Il ne fait ainsi que traîner
la science d'Uranie dans la boue et ne peut alors
s'honorer du titre d'astrologue, faute de respect pour
la grandeur de sa science. Elle n'est encore à
ce stade qu'un outil de plus pour valoriser son ego
aux yeux d'autrui.
Faute d'avoir encore suffisamment
"travaillé" l'astrologie, elle ne l'a pas
encore "travaillé" de l'intérieur.
Un astrologue digne de ce nom a en effet
perçu la dimension "sacrée" de
l'astrologie. Tant qu'il n'en est pas là, il ne
peut que se dire encore néophyte car il n'est
pas encore entré "au centre" et continue
d'errer en une périphérie chaotique et
labyrinthique... Ce qu'il fera encore longtemps s'il
ne comprend le bien fondé d'un egocentrisme
bien éduqué.
L'égocentrisme comme
parti pris scientifique
En effet, la science "dure", historiquement soumise
au dogme catholique du nécessaire effacement de
soi face à la grandeur de dieu, continue de
reprocher à l'astrologie sa pseudo
"fausseté" au prétexte qu'elle prend
l'homme pour centre de l'univers. Et non pas l'homme
avec un grand H, mais bel et bien : vous, monsieur
tout le monde.
Car c'est un fait, pour l'astrologie, le temps et
le lieu où vous vous êtes incarné
sont les données les plus essentielles,
l'astrologie en faisant son sujet d'étude le
plus fondamental.
L'ego, votre ego, son heure et son lieu
d'incarnation est donc l'objet d'étude
même de l'astrologie. De ce point de vue, il
n'est pas "faux" de placer l'individu au centre du
cercle zodiacal -et du cosmos et de l'univers-, bien
au contraire : c'est là toute la
spécificité de cette science qui,
fidèle à la pensée socratique,
considère qu'un seul objet d'étude
importe : soi-même ! C'est ici que s'exerce "le
champ de rationalité" propre à
l'astrologie, et ce, dans un parti pris scientifique
qui vaut bien celui de toute autre science.
Alors, parce que l'astrologie est la science la
plus "révélatrice" qui soit, je me suis
dit qu'elle ne pouvait pas se tromper en se fondant
sur un tel "égocentrisme". En
vérité, il semble plutôt que ceux
qui en dénoncent "l'égocentrisme"
fassent une confusion avec l'égoïsme.
L'égocentrisme considère l'ego de
l'individu comme un centre, tout simplement. Le point
de vue égocentrique ne se leurre pas sur le
fait que le monde extérieur ne pourra
être toujours rendu que via le point de vue
subjectif de l'humain, qu'il n'existe aucune
objectivité possible dans le regard que porte
l'homme sur la réalité des choses. Tout
au plus peut-il tendre à cette
objectivité, grâce à la science,
justement.
Et c'est sans aucun doute le but poursuivi par
l'astrologue qui possède la science par
laquelle il peut sonder sa propre subjectivité.
Cela, afin de rejoindre son propre centre,
précisément.
La science "dure", elle, a la présomption,
-ou du moins l'avait avant l'avènement de la
pensée quantique-, de pouvoir parfaitement
"objectiver" le monde. Et elle continue de
mépriser l'astrologie, sans bien comprendre que
la démarche scientifique de l'astrologue est
tout autre que la sienne. Elle pose d'emblée le
postulat qu'il est impossible de connaître le
monde en évacuant "son ego". Elle le met
d'emblée "au centre" de son sujet
d'étude.
L'égocentrisme comme
vertu
On rêverait alors d'un monde peuplé
d'individus vraiment égocentriques,
c'est-à-dire "centrés". Un monde
où l'homme serait "à sa place" tout
simplement, pour lequel la projection, le transfert et
toutes autres stratégies inconscientes
destinées à la survie de l'ego ne
seraient plus nécessaires, puisque l'ego serait
parvenu là où il se doit d'être :
AU CENTRE. On en rêve... car ce serait un monde
où il ne serait plus nécessaire de voir
la paille dans l'il de l'autre, pour mieux juger
de la poutre qui est dans la nôtre... Un monde
d'individus centrés et pleinement conscients de
leur participation créative à la
réalité des choses. Tandis que
l'égoïsme qui n'est pas centré,
mais possède néanmoins toutes les
caractéristiques de l'ego dans la triste
méconnaissance de lui-même, persiste
à se croire séparé du tout et,
n'ayant pas trouvé son propre centre, à
se définir au gré d'aléas
exogènes qu'il ne peut vivre que dans le
rapport de force afin d'assurer sa propre survivance.
Et cet ego fragilisé par cette
méconnaissance de lui-même n'en est que
plus tyrannique et injuste...
Un sain égocentrisme apparaît alors
des plus souhaitable, plutôt que cette attitude
fausse et hypocrite consistant à se faire
croire que l'intérêt de tout un chacun
n'est pas sa propre survie !
Structurer son ego, l'embellir, l'aimer et le
comprendre davantage devrait être le but
consciemment poursuivi par celui qui cherche sa
réalisation. La liberté et la
reconnaissance qu'il s'accorderait ainsi à
lui-même deviendraient alors le moyen de
l'accorder à l'autre, dans le respect de son
propre égocentrisme et donc de sa
différence.
Et c'est en sondant son propre ego que l'homme a le
plus de chance de reprendre contact avec son
âme, et, par là, avec son
universalité. Car c'est le seul et unique moyen
de prendre conscience de son appartenance à
l'âme du monde et son ordre cosmique.
C'est un paradoxe, -mais la vérité
est paradoxale- : c'est par l'égocentrisme que
l'homme peut retrouver son universalité et son
sentiment de solidarité avec toute chose... Et
il n'est sans doute pas de science plus à
même de l'aider à faire ce chemin que
l'astrologie.
Un long chemin pour le
néophyte
Il faut constater que l'astrologue débutant,
encore peu respectueux du caractère
"sacré" de l'astrologie aura tendance, dans un
premier temps, (comme on le voit trop souvent sur les
forum internet) à rapporter "son logos", c'est
à dire "sa science" à son propre ego
méconnaissant et à lui faire dire tout
et n'importe quoi.
Tout un chacun a déjà vécu de
ces diners en ville où chacun se croit permis
de décrire un signe astrologique, sur le seul
exemple d'une personne de son entourage née
sous ce signe. Et ce faisant, s'il n'aime pas cette
fameuse personne il parlera négativement de ce
signe. Et en réalité, il ne fera que
"médire", non pas pratiquer l'astrologie. Ceci
n'est en rien "de l'astrologie", mais cela atteste du
fondement "populaire" de cette science. L'inconscient,
même non instruit en la matière, y
puisant quelque obscure revendication à "la
vérité".
Si l'anti-astrologue se fonde sur ce genre de
balivernes mondaines pour jauger l'astrologie, il fait
montre d'une ignorance plus grande encore ! Cela
reviendrait à juger de la haute finance au
travers du discours d'un cousin conseiller à la
banque lors d'une réunion familiale.
Mais rappeler ceci revient à rappeler la
différence entre "opinion" et
"pensée"... Ce qui est un vaste
débat.
S'il est vrai que l'art astrologique est un art
"d'interprétation", il reste donc, tout comme
la musique, tributaire de la plus ou moins grande
virtuosité ou maestria de son
interprète. Comme le chanteur lyrique, c'est
à sa façon de rendre la note la plus
pure, la plus juste, que l'on reconnaît le
talent de l'astrologue.
Et toucher à cette "perfection", ce qui est
la quête de l'apprenti astrologue, est un long
chemin. Un chemin qui le conduit, après avoir
"tiré" le ciel à lui par un
"égocentrisme" non encore maîtrisé
(le "tout à l'ego" commun), à
s'apercevoir peu à peu qu'il se trompe et
à corriger la fausseté de son approche.
Puis, qui, à force de travail, de recherche,
d'investigation parvient à "dire le vrai".
Il va de soi que ce travail purifie peu à
peu son esprit et son mental, tant il s'avère
nécessaire, aux fins de "dire le vrai", de
rectifier quantité d'idées et d'images
fausses qui peuvent surgir en son esprit. Constamment
il lui faut trier le bon grain de l'ivraie dans le
monde foisonnant et polysémique du symbole
!
Pour les Grecs, le "monde pur" était celui
des planètes dont le pas régulier n'est
pas soumis aux caprices humains. Lorsque l'astrologue,
élevant ainsi son esprit dans les "hautes
sphères" de l'esprit, touche au sommet de son
art, il parvient alors à entrer en contact avec
cette "intelligence divine". alors il sait que son ego
est enfin bien "centré" et qu'il peut recevoir
cet influx avec assurance et justesse, pour devenir un
"canal" utile et fiable pour guider son prochain.
Voilà pourquoi la véritable
finalité de l'astrologie est d'aider l'homme
à entrer en intelligence avec Dieu en apprenant
à le reconnaître en lui. Comme disait
Alan Leo, à quoi bon utiliser l'astrologie
à prédire des événements
inévitables ? Cela ne fait que nous
démoraliser à l'avance et n'a pas grand
intérêt, au fond. Non, le but de
l'astrologie n'est pas de "prédire" et
peut-être même pas de prévoir, il
est de se "centrer" en harmonie avec l'intelligence
divine et d'humblement tenter d'en comprendre les
desseins...
C'est pourquoi l'astrologie, bien que
galvaudée et méprisée par la
culture française, est à mes yeux, la
plus haute discipline spirituelle qui soit. Et qui
plus est l'astrologie karmique qui nous rappelle qu'en
nous se mêlent l'étincelle divine et le
pauvre pécheur dont la tâche sur cette
terre est de réparer ses erreurs passées
afin que la petite étincelle devienne flamme,
enfin réunie au flambeau triomphant du
vainqueur...
Et tout cela peut prendre plusieurs vies... Plus
tôt, donc, on se met à son étude,
plus tôt on pourra sortir d'une
périphérie labyrinthique : PAR LE
CENTRE... Mais il est vrai, comme le rappelle le mythe
d'Icare, que cette façon de "sortir par le
haut" peut s'avérer périlleuse pour la
jeune âme, tandis que, Dédale, son
père, lui, ce faisant, n'a eu aucune
difficulté à sortir d'un labyrinthe,
qu'au demeurant, il avait lui-même construit...
Au grand damne du roi Minos dont l'histoire n'a retenu
que la minable jalousie impuissante.