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Pour en finir avec le mythe
d'une psychanalyse qui ignorerait tout
ésotérisme ou
spiritualité
Une mise au point sur le
rapport de C.G. JUNG à
l'astrologie
Par Laurence
LARZUL
Dans l'esprit de bien des
individus, il est commun de séparer d'une part
la psychanalyse, la psychiatrie et de l'autre,
l'astrologie et les sciences ésotériques
dites "symboliques".
Au XXIème siècle
il semble que cette vision "séparée" et
surtout erronée (car ignorante) des choses
doive être rectifiée. En effet s'il
existe une "mauvaise" astrologie, c'est certainement
parce qu'à l'inverse des psychanalystes ouverts
à la dimension de l'âme,
certains astrologues,
eux, continuent de pratiquer une astrologie dite
"scientifique" et se voulant "sans états
d'âme". L'astrologie sur ordinateur en est
l'avatar le plus répandu.
Celle-ci croit bien faire en se voulant
"traditionnelle", "prédictive" et croit
condamnable de s'ouvrir à toute
vérité spirituelle. On peut y voir le
stigmate d'une vieille "mémoire" qui
déjà les avait condamnés, et
certains astrologues continuent de vivre avec un
"inquisiteur intégré", se
défendant d'outrepasser le champ strictement
"rationnel" de la pratique astrologique. Ceci
relève de la simple "autocensure" en raison
d'un passé douloureux, puisqu'il faut rappeler
que jusqu'au milieu du XXème siècle
encore, on pratiquait l'astrologie "sous le manteau",
rasant les murs de crainte d'afficher un
intérêt si peu orthodoxe au regard du
dogme encore prégnant de la toute puissante
église.
Ceci est essentiellement lié à
l'héritage cartésien d'une astrologie
française victime d'un ostracisme qui l'a mise
en porte-à-faux tant avec le monde
"scientifique" qu'avec l'univers du religieux. En
vérité, comme elle est, par nature, un
"pont" à la frontière du religieux et du
scientifique, elle a historiquement fait les frais de
la guerre idéologique opposant ces deux visions
du monde. Et on peut dire qu'elle a été
historiquement le bouc émissaire de cette lutte
d'influence, ce qui explique son très
particulier statut et son défaut de
reconnaissance en tant que "champ de connaissance"
à part entière dans notre
société européenne.
Ceci n'est pas le cas en Asie où elle reste
associée à une classe sacerdotale
étant exercée traditionnellement par les
brahman ou les moines et les lama. Autre trame
historique et autre statut pour l'astrologie,
donc.
Je pourrai toutefois développer sur
l'influence des astrologues auprès de la
Royauté française et à quel point
ils ont "forgé" l'âme française
jusqu'à l'avènement du "Roi Soleil",
prémice de l'avènement d'une
"théocratie" française qui n'a jamais eu
lieu, mais c'est un autre sujet qui fera probablement
l'objet d'un article ultérieur.
Son statut en Orient doit, quoi qu'il en soit, nous
rappeler sa nature véritable et ce qu'elle
aurait été si notre passé
religieux n'avait eu à subir le joug
impitoyable de l'inquisition.
Ainsi donc, ceux qui se voulant tenant d'une
astrologie traditionnelle récuse le bien
fondé d'une astrologie karmique au seul fait
que le "karma" est un principe oriental persistent
à ignorer le fait que la connaissance de la
réincarnation a toujours été
transmise via les loges ésotériques de
façon cachée puisque ceci allait a
contrario du dogme officiel de l'Eglise.
Mais depuis l'avènement de la
laïcité, c'est à dire la
séparation de l'église et de
l'état en 1905, les astrologues occidentaux
n'ont eu de cesse d'espérer voir naître
une astrologie karmique. En témoigne les propos
d'Alan Leo datant du début XXème
siècle cité dans l'ABC de l'Astrologie
Karmique, c'est à dire : plus d'un
siècle !
Cette astrologie était donc
"espérée" par tous les astrologues
"initiés" et connaissant en matière de
tradition ésotérique.
Il est si facile de s'improviser astrologue
à l'aide de quelques manuels, sans avoir la
culture ésotérique qui va logiquement
avec. Ainsi, entend on dire tout et n'importe quoi sur
ce que serait la "bonne astrologie". Disons le tout
net, il faut être très ignorant pour
considérer que "la bonne astrologie" serait
exempte de toute relation à l'âme et
à sa connaissance, laquelle s'est transmise via
les écoles ésotériques reprenant
bien souvent des connaissances traditionnelles
orientales. En réalité,
l'ésotérisme a toujours
été inspiré de ces connaissances
traditionnelles issues d'orient. Et on
redécouvre actuellement le caractère
très "chamanique" de nos philosophes grecs,
"récupérés" par les
rationalistes.
C'est donc uniquement en raison du fait que ces
connaissances entraient en contradiction avec "le
dogme" religieux de l'Eglise catholique qu'elles ont
été repoussées dans
"l'occultisme". Il a fallu attendre le XXème
siècle avec notamment la théosophie
d'Héléna Blavasky pour voir rejaillir
ces connaissances au grand jour. Mais on oublie trop
souvent de dire que Jung, reconnu comme l'un des
pères de la psychanalyse, n'a eu de cesse, lui
aussi, de "défricher" le terrain encore vierge
des sciences dites "traditionnelles" et donc
ésotériques.
Dans les pas de Paracelse, il s'est surtout
versé dans l'étude de l'alchimie,
reprenant les textes obscurs de cette tradition pour
en faire le fondement d'un protocole
thérapeutique et d'une connaissance des
métamorphoses de l'âme.
Mais sa pratique de psychanalyste, comme en
témoignent les lettres citées
ci-dessous, était aussi fondée sur la
pratique de l'astrologie qu'il utilisait pour les cas
les plus récalcitrants à sa
pénétration d'esprit. Même s'il ne
montait pas lui-même les thèmes de ses
patients, il témoigne plus bas du fait qu'il se
référait communément à
leur thème astrologique pour comprendre leurs
ressorts intérieurs.
Voici quelques passages qui permettent de se faire
une idée du lien de Jung avec l'astrologie
:
Le premier texte est extrait de "L'homme à
la découverte de son âme" (Albin Michel).
Les deux suivants, sont deux lettres extraites des
tomes II & V " C.G.Jung Correspondance" paru aux
éditions Albin Michel.
Au Docteur B.Baur -(Zurich)
le 29 septembre 1934
Monsieur le Docteur,
Merci beaucoup pour les aimables
démonstrations. En ce qui concerne l'argument
de la précession*, ce n'est pas une objection
contre la validité de l'astrologie, mais contre
la théorie primitive affirmant que les astres
eux-mêmes diffusent certains effets. L'argument
de la précession dit, comme on le sait, qu'un
homme [de notre temps] né dans le
degré 1 du bélier (donc quand un
degré du Bélier a, comme on dit, franchi
l'horizon à l'est) n'est nullement né
à cette date, mais au contraire dans le
degré 2 des Poissons. Les forces
secrètes du soleil sont dans le degré 1
du Bélier, la lune par exemple dans le
degré 7 du Cancer, Vénus, Jupiter, dans
des positions analogues ; elles ne sont donc pas en
harmonie sur le plan astronomique et ne peuvent de ce
fait pas venir de ces positions seulement apparentes
et fixées arbitrairement. Aussi Choisnard*
écrit-il très justement que : "Le
Bélier reste toujours dans la 12e partie du
zodiaque etc.", à l'évidence il entend
par là que le soleil dans le Bélier
n'est pas un énoncé astrologique, mais
une indication temporelle. C'est le printemps qui
recèle les forces agissantes, sans souci de
savoir dans quel signe du zodiaque le soleil se trouve
réellement. Dans quelques millénaires,
lorsque nous dirons Bélier, le soleil se
trouvera en réalité dans le signe du
Capricorne, donc en plein hiver, sans que le printemps
ait perdu de ses forces.
Le fait que l'astrologie donne pourtant des
résultats valables prouve donc que ce ne sont
pas les propositions apparentes des astres qui
agissent, mais les temps qui ont été
mesurés ou déterminés par des
positions astrales auxquelles on donne des
dénominations arbitraires. Le temps
s'avère ainsi être un fleuve
d'évènements rempli de qualités
et non comme le voudrait notre philosophie, une
conception ou une condition de notre entendement
abstraite en soi.
La validité des résultats de l'oracle
du I Ching* fait ressortir le même fait
étrange. L'exploration soignée de
l'inconscient montre une étrange
coïncidence avec le temps, ce qui explique
d'ailleurs que les Anciens aient pu projeter la
succession de contenu perçus inconsciemment et
intérieurement dans les cadres
extérieurs temporels de nature astronomique. Ce
fait est à la base des liens existant entre les
évènements spirituels et les cadres
temporels. Il ne s'agit donc pas par exemple de liens
indirects comme vous le supposez, mais de liens
directs. Conjonctions, oppositions, etc. ne sont
vraiment pas influencés par le fait
qu'arbitrairement nous appelons degré 1 du
Bélier ce qui est degré 2 des
Poissons.
Meilleures salutations,
Votre dévoué [C.G.Jung]
*Le point de l'écliptique (orbite solaire
apparente) où se trouve le soleil au moment de
l'équinoxe, le 21 mars (degré 0 du
Bélier), est appelé point vernal (ou
point gamma). Par suite du mouvement gyroscopique de
l'axe de la terre, le point vernal se déplace
sur l'écliptique dans le sens des aiguilles
d'une montre. C'est ce que l'on nomme sa
précession. Ce phénomène fut
découvert au 2è siècle avant J-C,
par l'astronome grec Hipparque de Samos. Une
révolution complète du point vernal le
long des douze constellations que compte l'astronome
derrière l'écliptique, dure environ 25
000 ans sur la toile de fond d'une constellation
différente (un "mois platonicien"). Pendant les
2 000 derrières années, on pouvait voir
la constellation des Poissons derrière le point
vernal. Maintenant il s'approche du Verseau. Dans
l'astrologie occidentale, la précession du
point vernal n'est pas prise en considération,
au contraire même, dans les horoscopes actuels
le point vernal est toujours placé dans le
degré 0 du Bélier. C'est ce qui
constitue le principal argument contre
l'astrologie.
*Paul Flambart (Paul Choisnard) Preuves et Bases de
l'Astrologie scientifique, 2è édition,
Paris 1921, p.162:"
aujourd'hui comme dans
l'antiquité on peut appeler Bélier la
douzième partie du zodiaque que traverse le
soleil aussitôt après l'équinoxe
de printemps
".
* Traduit du chinois en allemand et expliqué
par Richard Wilhelm, Iéna 1923, 2 volumes. Il
s'agit d'un livre de sagesse et de prophéties
dont les origines remontent à
l'antiquité mythique.
Question adressée à Jung : "Si, comme
vous le prétendez, notre psyché se
trouve projetée dans les choses, qu'elle anime
de ses propres données inconscientes, comment
se fait-il que l'astrologie et les autres "sciences
occultes" présentent de l'intérêt
aux yeux de l'homme réputé conscient
?"
Réponse de Jung : L'astrologie a une grande
importance et je suis loin de la sous-estimer. Cela ne
veut pas dire qu'il faille supposer que les
constellations éternelles soient responsables
des caractères de chacun et de leurs
particularités. Les constellations nous servent
essentiellement à préciser notre
position dans l'espace et à mesurer le temps.
Mais ne soyons pas comme ce célèbre
dilettante de l'astronomie qui l'admirait
aveuglément en ce qu'elle permettait de fixer
le poids, la composition chimique des étoiles
et surtout de découvrir leurs noms ! Elles ne
portent pas des noms qu'elles possèdent a
priori, mais bien ceux que nous leur avons
données et qui servent en partie de
repères dans le temps ; c'est là que
commence le grand problème de l'astrologie.
Comment se fait-il qu'une époque, qu'une
période donnée possède certaines
qualités qui se reflètent dans les
choses et les êtres qui les ont
traversées ou qui y ont pris naissance,
qualités qui permettent aussi de conclure en
retour à l'époque où ces choses
ont été engendrées ? Ce
problème paraît d'un point de vue
philosophique être extrêmement
compliqué, alors que dans la pratique il est
fort simple ; j'ai par exemple chez moi une vieille
armoire dont un connaisseur compétent me dirait
qu'elle a été faite vers 1720 à
tel ou tel endroit, par tel ou tel maître.
Comment le sait-il ? C'est là la science du bon
antiquaire ! De même un fin connaisseur en vin
pourra préciser l'année, le cru et la
cave de tel ou tel échantillon. Il sait que le
vin de telle année et de tel coteau, en raison
des conditions particulières qui
régnèrent alors, a acquis une saveur qui
le distingue des vins que ces mêmes vignes
livrèrent les autres années. Il en va de
même des hommes ; nous sommes nés
à un moment donné, en un lieu
donné, et nous avons, comme les crus
célèbres, les qualités de l'an et
de la saison qui nous ont vus naître.
L'astrologie n'en prétend pas davantage.
To Pr.B.V.Raman* - Bangalore/India
6 septembre 1947
Dear Pr.Ramn,
Je n'ai pas encore reçu l'Astrological
Magazine, mais je veux quand même
répondre tout de suite à votre
lettre.
Vous voudriez savoir ce que je pense de
l'astrologie ; il y a plus de trente ans que je
m'intéresse à cette préoccupation
de l'esprit humain. Ce qui m'intéresse avant
tout en tant que psychologue, c'est la question de
savoir comment la complication de certains
caractères peut-être
élucidée au moyen de l'horoscope. Dans
les cas de diagnostic psychologique difficiles, je
fais la plupart du temps dresser un horoscope pour
disposer d'un point de vue, nouveau. Dans beaucoup de
cas les indications de l'astrologie contenaient une
explication pour certains faits que je n'aurais pas
compris sans elle. D'une telle expérience j'ai
tiré la conclusion que l'astrologie
présentait un intérêt tout
particulier pour le psychologue. Elle est
fondée sur un fait psychologique
d'expérience que nous appelons "projection"
&endash; c'est-à-dire que ce que nous trouvons
dans les constellations astrales, ce sont en quelque
sorte des contenus de l'âme. A l'origine il en
est résulté l'idée que ces
contenus provenaient des astres, alors qu'ils n'ont
avec eux, en fait, qu'une relation de
synchronicité*.
Je conviens que c'est très singulier, et que
cela jette une lumière étrange sur la
structure de l'esprit humain.
Ce que je regrette dans la littérature
astrologique, c'est surtout l'absence d'une
méthode statistique par laquelle certains faits
fondamentaux pourraient recevoir une base
scientifique.
J'espère que ma lettre à
répondu à votre question.
Yours sincerely
[C.G.Jung]
* L'en-tête de sa lettre est ainsi
libellé :"Kaman Publications, Proprietor
B.V.Raman ; The Astrological Magazine (India's Leading
Cultural Monthly)."
* Par la suite, Jung a modifié par deux fois
ce point de vue. Cf. lettres à A.Jaffé,
8 septembre 1951, n 2 et à Bender, 10 avril
1958.
15 novembre 1958 - To Robert L.Kroon
L'astrologie est une de ces méthodes
intuitives comme le Yi-King, la géomancie et
autres procédés de divination. Elle est
fondée sur le principe de synchronicité,
c'est-à-dire sur des coïncidences
significatives. J'ai exploré
expérimentalement trois de ces méthodes
intuitives ; celle du Yi King, la géomancie et
l'astrologie.
L'astrologie est une psychologie naïvement
projetée dans laquelle les attitudes et les
tempéraments humains sont
représentés par des dieux et
identifiés à des planètes ou
à des constellations du zodiaque. Lorsque je
travaillais sur l'astrologie, j'ai eu plus d'une fois
l'occasion de l'appliquer à des cas
particuliers.
On constate de remarquables coïncidences, par
exemple la position de Mars au zénith dans le
fameux horoscope de Guillaume II, qu'on a
appelé le "Friedenskaiser". Déjà
dans un traité médiéval il est
dit que cette position signifie toujours un casus ab
alto, un cas qui vient du haut.
Une telle expérience est très
impressionnante pour un esprit versatile, peu
sûre lorsqu'elle est aux mains de quelqu'un sans
imagination, et dangereuse dans celles d'un fou, comme
c'est le cas pour toutes ces méthodes
intuitives. Si on s'en sert intelligemment, elle peut
être utile lorsqu'on a affaire à une
structure particulièrement opaque. Elle permet
souvent des intuitions surprenantes. Sa limite la plus
sûre est constituée par le manque
d'intelligence et d'ouverture d'esprit de
l'observateur. Elle constitue un intelligent
aperçu comme peuvent l'être les lignes de
la main ou l'expression du visage &endash; toutes
choses dont un esprit stupide et sans imagination ne
peut rien faire et à partir desquelles un
esprit superstitieux tire les pires
conclusions.
La vérification statistique des
"vérités" astrologique est discutable et
même improbable. (CF mon article "Synchronicity"
; an acausal connecting principle", in Jung-Pauli, The
interprétation of nature and the Psyche,
Bollingen Series, vol LI, New York, 1952
p83.).
Leur utilisation superstitieuse (qu'il s'agisse de
la prédiction de l'avenir ou de
l'établissement de certains faits à
travers les possibilités psychologique) est
fallacieuse.
L'astrologie diffère beaucoup de l'alchimie
dans la mesure où la littérature
historique en la matière consiste simplement en
l'exposé des différentes méthodes
qu'on peut utiliser pour monter un horoscope et pour
l'interpréter, et non en textes philosophiques,
comme c'est le cas pour l'alchimie.
Il n'existe pas encore de présentation
psychologique de l'astrologie, compte tenu du fait
qu'on ne dispose pas à ce propos du fondement
empirique nécessaire à la
démarche scientifique. Et la raison en est que
l'astrologie n'obéit pas au principe de
causalité, mais relève, comme toutes
méthodes intuitives, de l'acausalité. Il
n'est pas douteux que l'astrologie est aujourd'hui
plus florissante qu'elle l'a jamais été
dans le passé, mais en dépit de son
usage de plus en plus fréquent, elle n'est
encore explorée que de façon très
insatisfaisante. Elle ne constitue un instrument
heureux que si on s'en sert intelligemment. Elle
n'est pas du tout à toute épreuve et, si
c'est un esprit rationaliste et borné qui s'en
sert, elle s'avère franchement
nuisible.
Yours cordially,
[C.G.Jung]
Extrait de la lettre adressée au Docteur
Michael Fordham &endash; le 18 juin 1954 &endash;
Critiques majeures que je fais aux astrologues
Si j'ose me prononcer sur un domaine que je ne
connais que très superficiellement, je dirais
que l'astrologue ne considère pas toujours ses
indications comme de pures possibilités.
L'interprétation est trop littérale et
trop peu symbolique, aussi trop personnelle. Le
"zodiaque" et les planètes ne sont pas des
traits personnels, mais plutôt des
données impersonnelles et objectives. Aussi
[elle aussi] l'interprétation des
maisons devrait considérer plusieurs "couches
de signification".
Il est évident que l'astrologie peut offrir
beaucoup à la psychologie, mais ce que la
dernière peut contribuer à sa sur
aînée est moins évident. En tant
que je peux juger, il me semble qu'il serait
avantageux pour l'astrologie qu'elle se rendrait
compte de l'existence de la psychologie, surtout celle
de la personnalité et de l'inconscient. Je suis
presque sûr qu'on puisse en apprendre quelque
chose de sa méthode d'interprétation
symbolique. Il s'agit là de
l'interprétation des archétypes (les
dieux) et de leurs relations mutuelles, comme une aux
deux arts. C'est la psychologie de l'inconscient qui
s'occupe particulièrement du symbolisme
archétypique.
A PROPOS DE L'APPLICATION DES STATISTIQUES
À L'ASTROLOGIE
Voilà donc les extraits dont tout un chacun
peut aller vérifier l'existence dans les
ouvrages cités. On note, que sa pensée,
d'une lettre à l'autre évolue. Et ce,
plus particulièrement sur les statistiques
appliquées à l'astrologie. Tout d'abord
il la souhaite, puis, finalement, ne croit plus en son
bien fondé. En effet, attardons nous sur cette
affirmation :
"La vérification statistique des
"vérités" astrologiques est discutable
et même improbable. (CF mon article
"Synchronicity" ; an acausal connecting principle", in
Jung-Pauli, The interprétation of nature and
the Psyche, Bollingen Series, vol LI, New York, 1952
p83.)"
J'avais lu par ailleurs Jung expliquer que dans sa
tentative d'élaborer une théorie
astrologique, il avait constaté qu'après
l'avoir immédiatement validée avec
plusieurs exemples, le lendemain ou quelques jours
plus tard, il faisait le constat qu'elle était
invalidée en voulant la vérifier,
réalisant alors qu'il avait fait une erreur
dont il ne s'était pas aperçu mais qui
lui sautait aux yeux après vérification.
Lire ceci m'avait frappé car j'avais
constaté le même phénomène
durant mes propres recherches**. Il en a conçu
l'idée que le présupposé de
l'observateur influençait son observation et
que, de là, toute approche "statistique"
s'avérait vaine, puisque
irrémédiablement ne se trouverait
validé que le présupposé du
chercheur.
De là, d'ailleurs, toute sa pensée
centrée sur la synchronicité, terme
galvaudé à présent, mais dont la
paternité lui revient.
Il convient de ne pas sous-estimer cette
observation dans la mesure où elle a ensuite
influencé un Wolfgang Ernst Pauli dans
l'élaboration de sa théorie quantique !
Théorie qui a ensuite conduit tous les penseurs
scientifiques à repenser la science, pour la
sortir de l'univers euclidien dans lequel elle restait
confinée depuis des siècles. Savoir que
l'expérience des recherches d'un Jung en
astrologie a conduit à un tel bouleversement de
la théorie scientifique laisse songeur...
C'est en effet, lors des rencontres d'Eranos en
Suisse que ce vivier de savants d'un nouveau genre a
pu se rencontrer et partager des vues tout à
fait novatrices, dont encore maintenant, certains
devraient s'enrichir pour évoluer vers une
vision du monde moins sectaire et cloisonnée.
Notons au passage que Mircéa Eliade, premier
historien des religions ayant réintroduit dans
la pensée l'univers des chamans, fait aussi
partie de ces penseurs proche de Jung qui ont
considérablement influencé le
XXème siècle et auguré d'une
"nouvelle ère".
Jung, en tant que grand esprit, s'est versé
dans l'étude de nombreuses traditions. Il cite
plus haut l'astrologie, la géomancie et le
Yi-King mais sa culture était vraiment
"universelle". Versée moi-même depuis
très jeune dans l'étude des sciences
ésotériques, j'ai aussi
expérimenté chacune d'elles à
quoi il faut rajouter le tarot, la numérologie,
les runes, la chiromancie, l'encromancie etc. Je crois
bien d'ailleurs qu'aucune d'elles n'a
échappé à mon insatiable
curiosité intellectuelle, même si je me
présente essentiellement comme astrologue,
domaine où j'ai tout particulièrement
cherché et approfondi ma pratique (à la
différence de Jung qui n'avait vraiment
approfondi que l'alchimie, mais lorsqu'il parle de
connaissance "superficielle" de l'astrologie, ce au
terme de 30 ans, il faut surtout y voir sa rigueur et
sa modestie qui l'empêchent de se dire
pleinement "astrologue". Un esprit tel que Jung,
même en restant "à la surface" restera
toujours bien plus pénétrant et profond
que celui de l'individu lamba).
L'APPORT DE L'ESOTERISME À LA
PSYCHANALYSE, ET INVERSEMENT
Ainsi, de ma propre expérience comme de
celle d'un Jung, il me semble dangereux qu'un
psychanalyste reste dans l'ignorance de ces
dernières. On peut même parler de
charlatanisme dans ce cas et je ne vise personne en
évoquant certains psy "médiatiquement
adoubés" croyant bon tourner en dérision
l'astrologie. Là où Jung condamnait le
manque de "psychologie" chez les astrologues, on est
en droit aussi à notre époque de
déplorer le manque de connaissances
ésotériques chez certains
psychothérapeutes actuels.
Dans le courant initié par des Eliade ou des
Castaneda, on voit émerger une
résurgence du chamanisme dans l'univers psy,
mais bien des techniques thérapeutiques sont
des emprunts pas toujours honnêtes à des
techniques traditionnelles bien connues du Yoga plus
particulièrement. Le danger consiste à
utiliser ces techniques, souvent puissantes, sans les
relier à une démarche
d'éclaircissement de la conscience et donc
d'évolution personnelle au plan mental. C'est
à ce manque que l'astrologie karmique pallie
selon la fonction traditionnelle de l'astrologue qui
est "médecin de l'âme".
Mais certes, il faut de longues années pour
être parfaitement formé aux "sciences de
l'âme", toutefois, en l'absence de toute culture
d'ordre symbolique, il devient très difficile
d'appréhender le décodage du rêve,
la compréhension de l'inconscient collectif,
etc. C'est même de l'ordre de l'impossible. On
s'étonne donc de certains astrologues qui
voudraient paraître plus "psy" en
évacuant l'approche de toute "mancie" et
inversement, de psy dédaignant les
"lumières" de l'astrologie. Celles-ci n'ont
rien "d'archaïque" au sens de condamnable par
l'esprit de notre temps, si l'on a réellement
intégré l'approche psychanalytique et la
bonne compréhension du phénomène
de "projection".
Aussi ai-je déjà dit qu'ajouter le
terme "psychologique" à celui d'astrologie me
semblait relever du simple pléonasme. Mais
c'est évidemment sans compter avec ces
astrologues qui se croient dispensés
d'acquérir ne serait-ce que les rudiments de la
psychologie. J'ajouterai que certains, comme "vieilles
âmes" peuvent effectivement s'en passer -et
encore, "l'acquis de conscience" devrait leur
interdire une telle lacune-, mais d'autres : pas du
tout !
Quoi qu'il en soit, il faut rappeler aussi qu'au
siècle passé, Jung a grandement
influencé Rudhyar, père de l'astrologie
dite "Humaniste". J'ai lu récemment par
ailleurs que son contemporain, André Barbault,
regrettait de n'avoir pas eu connaissance de l'oeuvre
de Jung lorsqu'il a écrit "De la Psychanalyse
à l'Astrologie". En effet, celle-ci
n'était pas encore traduite en français
tandis qu'elle l'était déjà en
anglais, langue pratiquée par Rudhyar qui
vivait aux Etats Unis. Ceci explique donc un certain
"schisme" au sein du monde astrologique, mais qui n'a
en réalité aucun fondement si l'on a une
culture approfondie du monde astrologique et de ses
sources d'inspiration. On ne peut nier que l'apport de
la psychanalyse a "fait date" et marque un tournant
majeur dans la pratique astrologique du XXème
siècle. Notons que Ruperti, disciple de
Rudhyar, avait été aussi disciple
d'Alice Bailey.
Et il est tout à fait certain que si
André Barbault avait bien lu C.G Jung, il
aurait évité de se fendre d'un article
"anti" astrologie karmique. J'ai beaucoup de respect
pour André Barbault concernant son travail en
astrologie mondiale, mais le voir prendre une position
aussi contraire à l'évolution de
l'astrologue ne lasse de m'étonner. Comme quoi
l'humain, même éclairé par
l'astrologie, peut faire montre de singulières
contradictions voire d'anachronisme conceptuel.
Le mouvement Humaniste se distingue lui d'une
astrologie occidentale traditionnelle par l'apport
d'une part d'une vision "évolutive" et donc "en
mouvement" du zodiaque, mais aussi par les vues
psychanalytiques de Jung sur la vie de l'âme. Si
ce n'est que tardivement que je "remâche" les
vues de Jung dans le cadre de l'astrologie karmique,
c'est toujours dans une même logique d'enrichir
notre science des derniers apports de la pensée
pour son exercice et sa pratique (Et les tenants de
l'astrologie Humaniste l'ont bien compris qui viennent
parfaire leur connaissance astrologique auprès
de moi.)
Il ne faut pas omettre en effet que Jung
évoquait dès 1932 l'existence de la
Kundalini lors d'une conférence, qu'il a
approché le tantrisme via l'ouvrage "la
Puissance du Serpent", bref, que sa vaste intelligence
a exploré bien avant tout le monde ce qui pour
certain reste encore trop "exotique". Or, comment
comprendre la pensée de Jung sans l'inscrire
dans cette "totalité" au sein de laquelle elle
est née ? Ce serait trahir l'esprit même
qu'il a tenté de transmettre via notamment son
concept "d'inconscient collectif".
Notons d'ailleurs que son livre relatant ses
séminaires sur la kundalini n'a
été traduit en français qu'en
1999, tandis que dans l'ABC de l'Astrologie Karmique,
paru pour la première fois en 1998, je faisais
le lien entre ses propos sur la libido et Pluton en
lien avec cette énergie. Sans avoir lu cet
ouvrage, donc, ses propos par ailleurs me semblaient
tout à fait "connaissants" de cette
dimension.
En France, nous avions un André Breton, lui
aussi médecin dans l'âme, bien qu'il
n'ait pas poursuivi dans cette voie, et son mouvement
Surréaliste pour faire le même type
d'exploration fondée sur les traditions
orientales et initiatiques.
Parallèlement, Aurobindo, en Inde, riait de
cette psychologie occidentale balbutiante mais surtout
ignorante de bien des choses tout à fait
explicites pour lui qui était versé dans
l'étude des textes originaux indiens et qui
avait fait l'expérience de l'éveil.
Ceci donc pour dire et pour conclure qu'il est tout
à fait erroné de situer d'un
côté la psychologie psychanalytique, et
de l'autre l'ésotérisme et l'astrologie
spiritualiste. On pourrait même dire, en
exagérant à peine, que bon nombre de
pathologies sont nées de cette fausse
séparation et de ce "cloisonnement" contraire
à la nature.
Tout psychothérapeute, s'il se veut
compétent et honnête, se doit, de
façon tout à fait impérative
d'être formé en astrologie. C'est
vraiment se priver sinon d'un outil incomparable
d'investigation de la psyché mais aussi de
capacité à resituer l'individu dans "sa
totalité", ceci dans une vision holistique de
la thérapie.
On peut certes se contenter du langage dans cette
approche du décodage de la psyché, mais
la connaissance du langage universel de l'astrologie
constitue un indéniable plus, et surtout un
gain de temps, tout autant que cela témoigne de
la part du praticien d'une maturité
conceptuelle dans l'approche des fondements de la
psychanalyse et de la pensée jungienne. Sinon,
il en reste au niveau du gadget New Age, avec le
danger d'en mésuser.
Il reste très étonnant en effet que
l'univers de l'astrologie et celui de la psy soient
assez cloisonnés, la deuxième
étant enseigné à
l'université, tandis que la première
non. Toutefois, à lire le Dr Olivier Chambon,
psychiatre de formation dans l'ouvrage co-écrit
avec Laurent Huguelit qui vient de paraître et
qui a pour titre "Le Chaman & le psy" la formation
universitaire en psychologie est très lacunaire
pour le psychiatre qui sera obligé d'aller dans
des écoles privées pour s'y initier. On
ne s'étonnera donc pas que leur formation si
lacunaire en fasse aux yeux de beaucoup de simples
"pourvoyeurs de drogue".
Et c'est bien ici que des écoles telles que
la mienne viennent a priori pour suppléer
à une carence dans la formation du
psychothérapeute.
Je relaterai d'ailleurs l'anecdote suivante
où une de mes élèves m'a fait
part d'un exposé qui lui avait
été fait sur Jung dans le cadre
universitaire. Je lui avais en effet conseillé,
en complément des cours que je lui avais
donné, de s'ouvrir à la pensée
jungienne. Après l'avoir écoutée
me relater son expérience, je lui ai
immédiatement recommandé de cesser de
suivre ces cours où il était manifeste
que l'enseignant n'avait strictement rien compris
à Jung et sa pensée. Elle est par la
suite allé écouter une conférence
de Michel Cazenave, sans aucun doute plus
fidèle à l'esprit du maître.
Pour conclure, j'espère que ce
présent article aura permis de comprendre le
pourquoi de cette mauvaise compréhension (pour
ne pas parler de trahison) ... On pourra lire
l'ouvrage "Le Chaman & le Psy" où les
auteurs, -de ma génération,
précisons-le-, tentent de la même
façon que je fais ici de décloisonner
les univers de la psy et des approches plus
"traditionnelles" telles que le chamanisme
initié par Mircéa Eliade. On regrettera
qu'aucun d'eux ne soit formé en astrologie,
mais leur démarche est des plus salutaire et
louable et converge donc avec la mienne puisque mon
parcours m'a amenée aussi à
reconsidérer l'astrologie comme un "chamanisme
évolué" fondé sur les grands
cycles naturels d'un "psychocosmos" au sein duquel
l'homme s'inscrit. En matière de "carte" comme
il est évoqué dans cet ouvrage, on a
à mon avis pas trouvé mieux que le
thème astrologique. Et Jung témoigne
bien du fait qu'il a su s'en servir de cette
façon, c'est à dire dans une optique
thérapeutique. Il manquait cependant encore
à l'époque ce supplément
d'âme qu'apporte l'astrologie karmique pour que
l'outil astrologique soit vraiment efficient en termes
de médecine de l'âme...
© Laurence LARZUL - Le 28 mars 2010
**Exprimer ceci devrait faire mesurer le niveau
d'exigence d'objectivité que j'ai pu mettre
dans mon travail d'astrologue et expliquer "la
justesse" à laquelle cela a abouti.
Je n'avais pas à l'époque pleinement
lu Jung, mais il me semble évident que l'ABC de
l'Astrologie Karmique répond à l'attente
qu'il exprimait en disant ceci : " En tant que je peux
juger, il me semble qu'il serait avantageux pour
l'astrologie qu'elle se rendrait compte de l'existence
de la psychologie, surtout celle de la
personnalité et de l'inconscient. Je suis
presque sûr qu'on puisse en apprendre quelque
chose de sa méthode d'interprétation
symbolique."
Car il est un fait que l'astrologie karmique telle
que je la présente constitue un outil
d'investigation des mémoires karmiques qui n'a
pu naître qu'après l'avènement de
la psychanalyse et la résurgence des fondements
orientaux de notre ésotérisme. Mais, ce,
je le reprécise, sur la base d'une bonne
formation en astrologie traditionnelle occidentale,
c'est-à-dire tropicale. Car c'est sur cette
rigoureuse base "traditionnelle" que j'ai
élaboré cette astrologie karmique.
Et comme "qui peut le plus peu le moins", ceci
après m'être exercé avec
succès à une astrologie des plus
"classique" et "prévisionnelle". Voilà
pourquoi l'astrologie karmique selon ma propre
expérience constitue : UNE EVOLUTION du bon
astrologue longtemps exercé à sa
pratique et ayant approfondi son art.
Et non, comme une astrologie sidérale qui
à mes yeux en est venu à
"déplacer" les bases astrologiques uniquement
parce que ses tenants ne savaient pas utiliser
correctement l'outil de l'astrologie tropicale et sont
restés à une "vérité
théorique" tout simplement invalidée par
la pratique.
Pour être alignée sur la
"vérité" de la précession des
équinoxes, l'astrologie sidérale ne dit
absolument pas plus "vrai". Et Jung nous explique fort
bien pourquoi en évoquant le caractère
"acausale" de l'astrologie. Il est donc parfaitement
faux de dire que l'astrologie karmique devrait
être sidérale, comme en Inde. C'est une
incohérence conceptuelle témoignant
d'une mauvaise maîtrise de l'art astrologique
occidental, tant dans sa technique que dans ses
sources spirituelles.
Dans leur ouvrage, "Le Chaman & le Psy", les
auteurs évoquent le fait qu'il existe plusieurs
chamanisme dans le monde, chacun ayant "sa carte" et
donc "sa représentation de l'univers". Je suis
assez d'accord avec cela et cela nous expliquera
pourquoi il existe une astrologie occidentale, une
astrologie tibétaine, une astrologie indienne,
etc.
L'erreur, -et Jung insistait à se sujet-,
serait d'utiliser un modèle qui ne corresponde
pas à notre culture. Ou pire : plaquer un
élément d'un modèle
étranger sur un autre, ce que voudraient faire
certains en usant du sidéral en lieu et place
l'astrologie tropicale. Ceci revient à
"démonter" la cohérence d'un
système longuement élaboré par
les siècles.
Dans l'ABC, je "réactualise" notre
astrologie occidentale, évacuant par exemple,
certains principes inutiles et obsolètes tels
que l'existence de deux maîtres
planétaires pour un signe (qui n'avait valeur
que lorsqu'on ignorait les planètes
transaturniennes) mais ceci toujours sur le tronc
commun général de l'astrologie
occidentale qui est donc tropicale et en
système placidus.
Ne pas respecter ce que l'on peut qualifier de
"protocole" revient à dénaturer -pour ne
pas dire dévoyer- la méthode que
j'enseigne. Et donc à faire du "charabia". Je
suis la première à attendre ceux qui
pourront "parfaire" cet outil. Mais aussi à
voir ceux qui le dévoient, faute de
s'être formé comme il se doit.
A lire : "Le Chaman & le Psy" Un dialogue entre
deux mondes - Laurent Huguelit et Dr Olivier Chambon.
MAMA EDITIONS. Mars 2010.
Un RV à prendre avec les auteurs pour une
conférence
le 13 avril
à
l'Institut de Recherche sur les Expériences
Extraordinaires
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