L'astrologie
"pléonasmatique"
Par Laurence LARZUL
Non, non, rassurez-vous, je ne
viens pas d'inventer "une nouvelle astrologie" de plus !
Voici d'ailleurs un inventaire de celles
déjà présentes "sur le
marché" et si mon éditeur raffole de ces
"nouveautés astrologiques", ce qui lui permettrait
d'éditer un ABC de plus, ce n'est personnellement
pas ma tasse de thé. Jugez-en vous-même
:
Astrologie humaniste (Rudhyar, Ruperti), astrologie
traditionnelle (de Caumont, Aubier et tous ceux qui
initient actuellement à une astrologie
"honnête"), astrologie scientifique (Suzel Fuzeau
Braesch et tous ceux qui croient aux statistiques),
astrologie conditionnaliste (J.P Nicola, F. Hardy,
Pellard et tous ceux qui pratiquent l'astrologie à
condition qu'elle n'en soit pas) astrologie
d'évolution (Andrieu, Aumont), astrologie
initiatique (Lassalle, Larzul), astrologie holistique
(Lassalle, Maffray), astrologique psychologique
(Barbault, Grancher), astrologie psychanalytique
(Granger, Liz Green, Houdaille), astrologie uranienne
(Ecole de Hambourg qui travaille sur les mi-points), ACB
(Hecquet), astrologie karmique (Andrieu, De Bizemont,
Larzul et autres), astrologie transpersonnelle (S.
Djian), astrologie populaire et médiatique (Mme
Soleil, E. Teissier, Mérédith Duquesne,
Mariella Madonna, Didier Colin), Astrologie
Médicale (E. Marié et autres), Astrologie
Mondiale (Barbault et autres), Astrologie
Boursière (J.F Richard et autres), Astrologie
psycho-généalogique (C. Gestas),
l'Astrologie Kabbalistique (Haziel), Astrologie
Sidérale (Dorsan), Astrologie Galactique (H.
Brun), Astrologie chamanique ... Et passons sur la
chinoise, l'indienne, l'hindou, l'aztèque etc.
(Ces dernières toutefois, dont l'origine est autre
qu'occidentale, sont les seules qui justifient un nouvel
enseignement car pour l'astrologue occidental tout y est
à réapprendre, n'étant pas
construites du tout de la même
façon.)
En tout cas, à voir ce
"florilège" d'appellations et de noms divers, on
aurait presque le tournis ! On me pardonnera de jeter
ceci en "vrac" sans y mettre d'ordre, ni
alphabétique, ni historique et d'y avoir omis
probablement des noms. Mais c'est bien pour donner
idée de la confusion que cela peut
générer pour un individu non averti et
ignorant tout du monde astrologique.
Et comment un individu
extérieur au milieu astrologique et n'en
possédant donc pas la culture pourrait s'y
reconnaître ? De même, parlant de
psychanalyse, qui aura idée de demander auparavant
si le psy en question est d'obédience jungienne ou
bien freudienne ? Et pourtant, cette "nuance" est
capitale. Mais il faut bien sûr avoir
été initié pour commencer à
poser les bonnes questions.
Il en va de même dans le milieu astrologique que
l'on peut scinder ainsi. Pour ceux qui ont
dépassé l'aspect prédictif et
déterministe de la "vieille" astrologie, pour
s'ouvrir à une dimension plus psychologique (ce
qui est l'évolution "naturelle" d'un astrologue
sur "le chemin" étant donné que
l'astrologie a globalement et historiquement
évolué ainsi), on peut dire que le milieu
astrologique est majoritairement jungien, bien qu'on y
trouve quelques freudiens égarés... Cet
apparent "égarement" dans le milieu astrologique
explique probablement pourquoi de plus en plus de psy
freudiens s'ouvrent à la pensée jungienne
et remettent en cause "leur" maître
(1). C'est tout simplement que
dans leur évolution de "psy", ils sont
passés par la case "astrologie" ce qui est
très fréquent.
Je constate par ailleurs que les lecteurs qui me
connaissent par mon ouvrage "Comprendre la Lune Noire"
sans avoir lu l'ABC d'Astrologie Karmique me classent
spontanément dans une "astrologie spirituelle",
laquelle viendrait "chapeauter" une astrologie
psychologique ou psychanalytique. Pourtant, j'ai
consacré une partie de ce livre à
l'astrologie mondiale et donc "prédictive". Ceci
fait donc toujours de moi essentiellement une astrologue
tout court, qui considère que les pays et les
masses ont aussi "une âme" et donc "une
psychologie" que l'on peut "psychanalyser" et dont on
peut analyser le thème astrologique via celui de
sa constitution.
En réalité, on peut donc dire que toutes
les appellations énumérées plus haut
relèvent du pléonasme car elles ne font que
mettre en avant l'une des facettes de l'Astrologie avec
un grand A. L'astrologie est bien, en effet, tout cela
à la fois. Et c'est cela qui rend cette science
passionnante : sa diversité, sa richesse et les
nombreuses fenêtres qu'elle nous ouvre tant sur le
monde que sur le cosmos et l'Humanité dans son
ensemble. Le dommage est que cela crée certaines
dissensions entre "chapelles" et, à bien y
regarder : on se demande bien pourquoi ? Si ce n'est que
l'on sait que tout milieu a ses querelles intestines et
que l'astrologie n'échappe malheureusement pas
à la règle.
UN BREF RETOUR AUX SOURCES
C'est pourquoi je tiens personnellement à
restituer l'astrologie dans son lointain contexte
historique pour rappeler que, si nous n'avons pas de
caste de Brahman en occident, il n'en reste pas moins que
l'astrologie fut tout abord exercée par des
prêtres, lesquels étaient souvent
prêtres-rois. Rappelons que la "royauté" fut
à son origine considérée comme "de
droit divin" et que le pouvoir du roi n'était pas
perçu comme uniquement "temporel" mais on lui
accordait aussi d'autres pouvoirs comme une
réminiscence du chaman ancestral
"protégeant spirituellement" ses terres et sa
région contre les fléaux divers et
variés. Les guerres remportées,
elles-mêmes, si elles permettaient la
reconnaissance "des héros", était moins
vues comme relevant du triomphe de la "force physique"
que la conséquence d'une "protection divine".
Historiquement, nombreux sont les rois et les papes
qui ont exercé l'Astrologie et on peut dire, pour
synthétiser, que l'évolution naturelle de
nos sociétés a consisté en une
première "séparation" entre le prêtre
et le roi (ou le "chaman" et le "chef"). Puis, entre le
prêtre et le savant.
L'histoire de France nous apprend ainsi qu'avant de
renverser la monarchie, on commença par exclure
l'astrologie du champ des savoirs universitaires
où elle avait sa chaire. Ceci, à
l'époque de Colbert au XVIIème
siècle pour voir ensuite, un siècle plus
tard, se lever en France une Révolution qui
renversa le roi lui-même. On peut alors se demander
: la position du Roi aurait-elle été aussi
fragile si l'astrologie n'avait pas été
officiellement bannie de l'Université ? Ceci, pour
entrer dans "le maquis" d'un occultisme qui allait
revenir à la surface au XIXème et
réintégrer presque tout à fait notre
culture à la fin du XXème
siècle.
En effet, il est bon de rappeler que dans les
sociétés traditionnelles le pouvoir
temporel et le pouvoir spirituel coopéraient,
souvent en un même individu. La science
astrologique au service du roi ou du pape n'était
donc qu'une perpétuation d'une longue tradition et
non un "fait étrange et incongru" comme l'homme du
XXème siècle, formé aux idées
laïques et républicaines pourrait le
croire.
Un Jésus que l'on sait avoir été
initié et qui fut accueilli par des "rois mages"
eux-mêmes astrologues, lorsqu'il s'affirmait "roi"
en même temps que "lumière spirituelle de
l'humanité" nous rappelle qu'être "roi" est
essentiellement un rôle spirituel. Et, à cet
égard, l'astrologie reste "la voie royale" de cet
éveil tant de la royauté que de la
divinité en soi.
Et si nos républiques laïques donnent lieu
à des rivalités égotiques aux
débats trop souvent narcissiques et oiseux, on
peut espérer toutefois que la résurgence de
l'astrologie réveille cette royauté
intérieure qui fera de tout un chacun cet
être fort, éclairé, brillant,
généreux et magnanime que symbolise l'image
du Roi.
(Ironie du sort : nos démocraties laïques
peuplées alors de multitude de "rois"
pourraient-t-elles alors accomplir la promesse de "la
réalisation du Royaume de Dieu(x) sur terre ?"
)
L'Ere du Verseau, avec pour pendant, son indissociable
signe opposé, le Lion, nous en fait la promesse. A
condition de développer, bel et bien, les
qualités solaires de l'homme et donc sa
divinité potentielle (laquelle ne peut surgir que
de sa simple humanité). En effet, on ne peut
exprimer les valeurs du Verseau sans les
équilibrer à celles du Lion et ce dernier
signe est celui de la Royauté.
LE RETOUR DU REFOULE
On parle à propos de la naissance de la
psychanalyse et de la résurgence de l'astrologie
du "retour du refoulé". Chacun le sait en effet :
"chassez le naturel et il revient au galop."
Or, face à une société devenue
essentiellement et majoritairement matérialiste et
scientiste quoi de plus naturel pour l'homme que de
désirer renouer avec son être
intérieur ? Sans cela, il est grandement
menacé de disparaître dans son
humanité, tout simplement. Et cette
"humanité" est certes matérialisée
sous sa forme tangible et corporelle, mais aussi par son
aspiration spirituelle. Au cas où l'homme
oublierait qu'il a une âme, les HP sont là
pour le lui rappeler ! Et de plus en plus, on comprend
que nombre de pathologies physiques sont en
réalité psychosomatiques et relèvent
donc d'un manque d'écoute pour cette dimension
cachée de l'âme en l'Etre.
Mais on assiste, dans le monde astrologique,
exactement au même phénomène que dans
"le monde" tout court. Certains voudraient à tous
prix que l'astrologie soit une science et
prétendent la ramener à
l'université, tentant de rivaliser avec "la
science dure" en se livrant à des recherches
statistiques régulièrement
invalidées puisque Jung lui-même avait
renoncé à cette démarche au profit
de l'élaboration du concept de
"synchronicité" (synchronicité qui est
à présent reprise par tous mais qui fut
"sa" théorie à lui). Quel astrologue
débutant sait d'ailleurs à quel point sa
pensée a largement influencé la
pensée scientifique ? Et qu'elle a
contribué à la naissance de la
"mécanique quantique" à la suite de longues
conversation avec Pauli ? On peut dire pourtant que la
mécanique quantique est une forme de science
"évoluée" en ce qu'elle se distingue de la
science euclidienne des positivistes (qu'Einstein a, en
quelque sorte, "parachevée").
On le voit, la "querelle" n'est pas d'hier puisque
même un génie comme Einstein pratiquant, en
outre, l'astrologie ne s'est pas ouvert
spontanément à ces nouveaux concepts
inspirés de Jung, et qui surgissaient à la
fin de sa vie. Et nous étions début
XXème, rappelons-le !
Mettant un terme provisoire à ces
débats, la Guerre Mondiale pourrait presque
apparaître comme la simple "ponctuation" d'une
querelle qui remonte à bien loin opposant
"déterministes positivistes soumis au joug de
l'inquisition" aux "spiritualistes libres penseurs et
philosophes".
Il est, à cet égard, singulier de voir
ce débat "survivre" (comme un vieux démon
non encore expulsé) dans le milieu
astrologique.
Car on peut certainement reprocher à cette
astrologie qui se voudrait "scientifique" d'être
tout à fait en retard sur des débats qui
datent à présent. L'astrologie est une
"culture" en soi et il est bon d'en approfondir la
connaissance. Pour s'apercevoir qu'au fond : rien de bien
nouveau sous le soleil.
Lorsqu'on est au fait de ceci, on a vraiment
l'impression d'une ratiocination sans
intérêt de la part d'astrologues qui
voudraient réinventer le fil à couper le
beurre tandis que c'est fait depuis longtemps. Ils
éviteraient ce travers en s'instruisant de la
pensée jungienne que Michel Cazenave, entre autre,
s'emploie à faire connaître dans des
ouvrages aussi sérieux que novateurs. Et en
recommandant la lecture, plutôt que de faire
paraître leurs propres livres n'exprimant que leur
méconnaissance (pour ne pas parler
d'ignorance).
CONSCIENCE SANS SCIENCE EST... IMPROBABLE.
Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que dans son
étymologie même, le mot "conscience"
signifie "avec science"... Resterait à
définir ce que recouvre le mot "science"
exactement. Notre époque, par
préjugé, n'utilise bien souvent ce terme
que pour ne parler que de la "science dure",
matérialiste, rationaliste. Or, "science" dans son
étymologie veut tout simplement dire "savoir". Et,
incontestablement, l'Astrologie en est un.
Et, comment nier que l'Astrologie a besoin
d'astrologues à l'esprit dit "scientifique"
puisque nous avons besoin de logiciels et
d'éphémérides. Les esprits plus
"matheux" lui sont donc nécessaires et utiles pour
délivrer l'astrologue des fastidieux calculs qu'il
devait faire auparavant. Ici, réside bel et bien :
un progrès de notre science. Nous pouvons
dorénavant nous consacrer à une
étude plus approfondie de l'astrologie en tant que
"science du symbole". Le "symbole" étant le mode
d'expression de la psyché de l'homme.
Si l'on observe cela, on se demande bien pourquoi il
faudrait opposer une astrologie "scientifique" à
une astrologie "spirituelle ou psychologique". En
réalité, ce sont les deux versants aussi
intéressants, nécessaires et utiles de
l'astrologie du XXIème siècle.
Il s'agit simplement, en s'instruisant, de se mettre
à la page de ce qu'est l'astrologie de notre
époque et d'en connaître aussi l'histoire et
les divers avatars. Ici, il y aurait bien de quoi,
évidemment, ouvrir une chaire d'université
tant le sujet est vaste.
L'astrologie médiatique, nécessairement
réductrice, ne pourra jamais en donner idée
et, ce, d'autant moins qu'elle s'emploie
précisément, et en général,
à faire débat entre un scientifique non
averti de l'astrologie et un astrologue bien souvent plus
soucieux de paraître et de se faire connaître
que réellement connaisseur de son propre domaine
(à de trop rares exceptions près).
L'astrologie véritable n'a donc aucune
véritable tribune médiatique. Mais, avec
internet, les temps changent...
L'ASTROLOGIE ET L'ERE D'INTERNET
Tout astrologue sait que l'astrologie est sous la
symbolique de la planète Uranus, laquelle
représente l'évolution, le progrès,
la modernité, le futur et, plus globalement, tous
les progrès technologiques.
On ne s'étonnera donc pas qu'un outil comme
internet contribue grandement à faire
évoluer l'astrologie et favorise tout à la
fois la diffusion de sa connaissance et sa
reconnaissance. En effet, on peut considérer que
les astrologues ont été parmi les premiers
à utiliser cet outil puisqu'ils étaient
déjà équipés d'un ordinateur.
La naissance des logiciels d'astrologie grand public, que
l'on peut dater de la fin des années 80 avait
rendu cet équipement rapidement utile et
nécessaire pour l'astrologue (je précise
que je parle de logiciels de calculs et non
d'interprétation).
Internet, à la fin des années 90, a donc
fait remonter à la surface la partie
immergée de l'iceberg "astrologie" qui
était déjà informatisée. En
surfant sur la toile, le néophyte peut maintenant
découvrir une toute autre image de l'astrologie
que celle véhiculée par les médias
traditionnels (ou par son professeur local).
Ayant débuté pour ma part à une
époque où n'existaient ni logiciels, ni
tous ces sites et forum, je me dis que la nouvelle
génération d'astrologues est
gâtée. Elle a à sa disposition de
quoi satisfaire grandement sa soif et sa faim de
connaissance et alimenter ainsi "sa passion". Sans
même sortir de chez elle, de plus !
Je me souviens pour ma part qu'il me fallait,
adolescente, attendre la sortie du dernier
Horoscope ou Astres ou Astral pour
alimenter mon intérêt. Mais j'avais la
chance d'avoir une mère travaillant sur les Champs
Elysées, juste en face d'Astroflash où l'on
a commercialisé la première astrologie sur
ordinateur. Si je déplore donc l'automatisation de
l'astrologie, j'en fus certainement une des
premières clientes car à défaut de
posséder moi-même un logiciel, il ne
coûtait pas grand chose de le faire calculer pour
être sûre de n'avoir pas fait d'erreur de
calculs en le montant à la main.
S'il existe encore sur internet des sites
"commerciaux" continuant de vendre de l'astrologie grand
public, c'est qu'une clientèle non avertie
persiste. Et persistera probablement car il faut bien un
début à tout intérêt premier.
Ce type de sites draine son propre public, mais il faut
que l'internaute soit singulièrement
dénué de curiosité pour s'en tenir
à cela.
En effet, internet offre une sorte de "mise à
plat" qui a le mérite d'offrir au regard du
curieux un vrai panorama sur l'astrologie (dont on
déplorera toutefois l'absence de
hiérarchisation auquel des guides et des articles
comme celui-ci tentent de suppléer).
UN BEMOL A CET ENTHOUSIASME
S'il est un fait que les logiciels dispensent à
présent les astrologues de fastidieux calculs,
s'il est en fait aussi qu'ils disposent d'un large choix
de logiciels à des prix très
compétitifs avec la position des derniers
astéroïdes découverts, on peut
déplorer toutefois que, faute de formation
classique, le nouvel astrologue en herbe nous "ponde"
parfois une astrologie vraiment "extraterrestre".
En effet, ces astrologues se diront "autodidactes",
mais en réalité, ils se sont fait leur
petite formation personnelle sur des logiciels et des
bouquins. Et l'on voit des jeunes parler du dernier
astéroïde venu, sans aucun égard pour
le fait qu'il ne s'inscrit pas dans le septénaire
traditionnel et ne doit donc arriver qu'en
complément de l'ensemble des informations du
thème. Ceci pour les affiner et en donner une
interprétation plus approfondie et subtile dans le
cadre du long chemin qu'est celui de la connaissance de
soi.
Il fut un temps, pré-internet, où nous
avions eu un astrologue médiatique assez
culotté pour nous "inventer" le Serpentaire et
faire parler de lui (même si cette constellation
existe de fait mais n'a jamais été
considérée comme partie prenante du
Zodiaque de 12 signes par l'astrologie occidentale).
Maintenant, nous voyons fleurir sur internet
quantité de théories et thèses
farfelues, dont l'unique source est un astrologue qui n'a
eu pour professeur que son logiciel d'astrologie
dernière version. Ce type de jeune astrologue
"nouvelle vague" ignore jusqu'au fondement même de
notre science mais ne lésine pas sur l'invention
théorique se prenant pour Uranus lui-même
!
Rappelons-lui donc au passage que le mythe d'Uranus
nous relate qu'il fut émasculé par son fils
Saturne à la demande de Gaïa pour qu'il cesse
d'engendrer des monstres...
ASTROLOGIE ? OU "TERROLOGIE" ? Ou "GAÏALOGIE"
?
Si l'on se rappelle que la science astrologique
occidentale s'est bien davantage développée
par l'observation des cycles du vivant et des saisons de
la nature que par l'observation du ciel, ce mythe prend
tout son sens. La "sagesse" de l'astrologie ne
réside en effet pas tant dans une "traduction
littérale et systématique" des objets
célestes découverts et
répertoriés, que par l'observation qui
été historiquement faite de la relation
entre événement céleste et
conséquence terrestre. Ceci pour dire que
l'Astrologie n'a en réalité retenu pour
"vrai", valide, valable que ce qu'il se passait
effectivement sur terre, et non au ciel. D'où le
fait qu'une astrologie tropicale qui ne tient pas compte
de la réalité des constellations soit,
à la pratique, plus efficiente que le fait de
vouloir à tous prix faire "coller" la
réalité astronomique au discours
astrologique.
Ceci étant souligné, bien avant
l'ère d'internet, l'astrologue a eu à faire
son chemin au milieu d'un même foisonnement de
techniques et autres recettes cosmiques avant de
reconnaître les valables des moins valables. C'est
la pratique qui permet cette discrimination et
généralement, un professeur sert à
orienter l'élève vers la technique
efficace, lui évitant de perdre son temps dans des
voies de recherche sans issue.
Loin de moi l'idée d'empêcher
l'école buissonnière et de dissuader
l'aventurier d'aller "musarder". A condition qu'il sache
que cela s'appelle "musarder" (et aille chercher la
définition de ce verbe dans le dictionnaire, au
cas où il l'ignore, pour vérifier que cela
veut dire "perdre son temps à des riens").
VOUS AVEZ DIT PLEONASMATIQUE ?
Oui, c'est encore un affreux néologisme qui
amuse mon Mercure/Gémeaux lequel a besoin de
"respirer" et pour qui la pléthore d'appellations
diverses et variées fait un peu figure de
pollutions indésirables et irrespirables
(d'où la consonance "asthmatique").
Ces appellations ne recouvrent en
réalité qu'une seule et même
Astrologie pratiquée par des formes d'esprit
divers. Il serait faux de croire que l'astrologie est
"morcelée", "divisée" voire
"atomisée" jusqu'à
désintégration. Pourtant, c'est
l'impression que ces diveres épithètes
accolées au nom générique risquent
de donner.
Les qualificatifs que l'on donne à la forme
d'astrologie que l'on pratique ne sont là que pour
préciser l'approche que l'on a le plus
approfondi.
Ainsi, l'astrologie karmique n'est pas tant, selon
moi, une "spécialisation" mais bien plutôt
un "perfectionnement" de l'astrologie classique que j'ai
approfondie depuis bientôt 30 ans. Elle suppose
bien entendu une ouverture à la
réincarnation et au karma, mais tout astrologue
sérieux, ayant approfondi son art y vient,
tôt ou tard (de plus, le phénomène
social de la mode du bouddhisme en occident favorise cet
"éveil spontané" de la nouvelle
génération)
CLASSIQUE ? OU MODERNE ?
Comme la musique, l'astrologie est une langue
universelle qui s'adresse toutefois plus au mental
qu'à l'émotionnel de l'humain.
Il devient de plus en plus naturel à
présent de parler "d'astrologie classique". Un peu
comme en musique, on peut dire qu'il y a une astrologie
classique et une astrologie moderne. Et, de même
qu'en musique, il y va des affinités de chacun,
des goûts et des couleurs.
Qui pourrait dire sérieusement que le Blues est
préférable et vaut mieux qu'un opéra
de Mozart ? On peut le dire, d'accord. Mais à
condition de savoir qu'on ne fait là qu'exprimer
un point de vue parfaitement subjectif ne faisant que
traduire un goût, une préférence
personnelle et une contemporanéité.
Le vrai mélomane averti, lui, aimera "LA"
musique tout court qu'elle soit classique ou autre. Et en
tant qu'artiste soucieux de se perfectionner, le musicien
ira chercher dans divers courants celui qui lui
correspond le mieux.
Il va de soi cependant qu'une solide formation
classique sera un préalable nécessaire
à toute autre recherche et aventure. Ceci, s'il
veut devenir "bon astrologue" et non éternel
amateur ou "bricoleur cosmique".
Comme la musique, l'astrologie est un langage
universel. Ce langage s'adresse à notre mental
plus qu'à notre émotionnel, mais c'est
comparable. Et comme en musique, il y a donc des oeuvres
"majeures", "géniales" qui non seulement
marqueront leur époque mais traverseront le temps,
et aussi d'autres plus mineures et néanmoins
divertissantes et distrayantes.
Regarder l'astrologie sous cet angle est probablement
le plus juste regard que l'on puisse porter sur elle afin
de ne pas tomber dans des polémiques aussi
stériles, fastidieuses qu'inutiles...
L'astrologie est bel et bien comme la musique :
susceptible d'exalter, de transporter, de soulever puis
d'élever l'âme de celui qui la pratique.
Quand elle ne la console et ne la soigne pas, tout
simplement... Mais plus encore que la musique, elle
éclaire l'Esprit de l'Homme sur le chemin de sa
libération après l'avoir instruit de son
ultime "conditionnement" : celui qui fait de lui un
être cosmique qui s'ignore encore...
Pour conclure : oui, l'astrologie est tout à la
fois, humaniste, traditionnelle, scientifique, à
mettre au conditionnel, outil d'évolution,
initiatique, globale et holistique, psychologique,
psychanalytique, psycho-généalogique,
karmique, transpersonnelle, uranienne, populaire et
médiatique, avec des applications
thérapeutiques, médicales, politiques et...
boursières. Rien que ça ! Qu'on
s'étonne après qu'elle passionne tant
d'esprits...
Albert Einstein le disait déjà : "Je
maintiens que le sentiment religieux cosmique est la
motivation la plus forte et la plus noble de la recherche
scientifique", Ceci après nous avoir
rappelé que "La plus belle chose que nous pouvions
éprouver, c'est le côté
mystérieux de la vie. C'est le sentiment profond
qui se trouve au berceau de l'art et de la science
véritable."
© Laurence LARZUL
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Octobre 2007
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