Astrologie
Karmique : zodiaque tropical ou sidéral ?
Par Laurence
LARZUL
Cette question m'a été mainte fois
posée et pour la devancer, étant
donné que je ne pense pas avoir traité de
la question dans mes ouvrages, Je vais développer
ma réponse dans cet article.
Si je n'ai pas traité de la question
c'est qu'il allait de soi, pour moi, que j'enseignais
cette astrologie à des astrologues occidentaux et
la plupart pratique avec un zodiaque tropical et les
maisons placidus. C'est donc ce procédé de
lecture faisant consensus et admis par la majorité
des astrologues occidentaux que j'ai cherché tout
simplement à améliorer. Ceci en
transmettant le fruit de mes recherches et inspiré
d'une longue et intensive pratique de l'astrologie.
Astrologie qui m'était antérieure et
constituait le corpus de base de l'astrologue
occidental.
Le zodiaque sidéral qui tient compte du
décalage d'environ 23° dû à la
précession des équinoxes n'a
d'intérêt, selon moi, que pour estimer les
notions d'ères (ère du Poissons, puis
ère du Verseau, etc), c'est à dire une
échelle de temps bien supérieure à
une vie humaine, de 75 ans en moyenne. Une ère est
donc trop vaste pour intéresser le plan d'une
incarnation. Une vie humaine est en effet bien trop
courte pour utiliser ce référent. Cela peut
éventuellement intéresser un cycle
d'incarnations sur un continuum de 2500 ans, mais
relativisées à cette notion d'ère
transcendant la vie humaine. Si l'on fait un compte
précis, 2 500 ans donneraient 33 incarnations
humaines de 75 ans et nous ne doutons pas qu'il y en
aurait pour gloser sur le sujet. Ceci pourrait d'ailleurs
éventuellement faire l'objet de recherches en
karmique tant ce champ d'investigation est passionnant et
riche en découvertes potentielles. Mais il vaut
mieux considérer qu'avec les ères, nous
entrons sur le plan transpersonnel et transcendant qui
n'a plus grand chose à voir avec l'homme moyen en
quête d'un éclairage sur son incarnation
dans un siècle donné. Ces notions de
"grande année" etc n'intéressent pas le
karma de l'homme moyen bien que cela fasse l'objet d'une
connaissance dite ésotérique concernant
l'évolution humaine et perpétuée
chez les astrologues occidentaux (voir "les cycles de
l'Humanité Adamnique" de Jean Phaure à
ce sujet par exemple ou encore "le Destin du Monde
d'après la tradition Shivaïte", d'Alain
Danielou s'étendant longuement sur ce sujet mais
dans un esprit de respect pour la pensée indienne
la plus conservatrice qui pourra choquer l'esprit
occidental, notamment lorsqu'il prend le
présupposé spirituel pour défendre
la société de caste. Il y a eu pourtant des
sages indiens connaissant parfaitement leur source
traditionnelle pour s'opposer à cette même
société...)
On peut parfaitement, nous occidentaux, penser la
réincarnation sans sombrer dans ces travers qui
ont forgé la société indienne selon
sa propre compréhension de la
réincarnation. Certains astrologues karmiques
occidentaux seront même en droit d'y voire une
déformation et d'une
réinterprétation de la vérité
spirituelle, tant cela aboutit à un
préjugé des plus racistes et très
choquant pour notre mentalité occidentale emprunte
d'humanisme.
Pour continuer à étayer mon propos, je
ferai noter que bien que changeant de
référent cosmique, 2500 ans n'ont en effet
pas suffit à changer le cycle des saisons et le
référent tropical reste donc le plus
efficient pour notre partie du monde, car sa symbolique
tient à ce rapport bien terrestre des saisons.
Penser faire "plus" karmique en optant pour le
sidéral est donc à mon avis une erreur dont
le "pourquoi" s'explique. Cela s'explique, certes, mais
la pratique ne valide pas ce postulat tout à fait
théorique. Et bien trop "théorique".
Il s'avère en effet que certains ont l'illusion
de faire une astrologie "plus" karmique en optant pour le
système sidéral, tout simplement parce que
c'est le système de l'astrologie indienne et que,
pour beaucoup, la notion de réincarnation est
uniquement relative à la philosophie indienne. Je
m'évertue, quant à moi, à rappeler
que ce concept était déjà
présent dans la culture grecque, via quelqu'un
comme Pythagore par exemple, de même que
l'astrologie occidentale nous vient des grecs. Il n'y a
donc aucune raison de changer de système pour
pratiquer l'astrologie karmique, l'astrologie occidentale
tropicale qui nous vient des grecs étant
parfaitement adaptée puisque dans ses sources
historiques on y enseignait aussi la notion de
réincarnation (qui a été
"effacée" par la culture officielle catholique
ensuite, ce qui a retardé l'émergence et le
développement d'une astrologie karmique
occidentale au XXème siècle).
Ceux qui pratiquent mes ouvrages selon le
système tropical sont nombreux à parler de
"révélation" et sont frappés par la
justesse des interprétations qu'ils y trouvent,
lorsqu'ils les confrontent à la
réalité et à la pratique. Ce qui
suffit à plaider en faveur de cette pratique
tropicale pour décrypter les indices karmiques du
thème. Depuis plus de 15 ans que je pratique
ainsi, je n'ai jamais eu de raison de changer de
système vu les résultats probants
obtenus.
Toute culture a son astrologie : l'indienne, la
chinoise et l'occidentale (et passons sur l'arabe,
l'aztèque, etc). De même qu'elles ont toutes
leur médecine, leur cuisine, etc. Pourquoi,
lorsqu'on est occidental, aller "emprunter" un
système qui n'est pas le nôtre alors que
notre propre système a fait ses preuves dans le
temps ?
Au niveau d'évolution intellectuelle atteint
par l'humanité, on sait bien à
présent que l'on ne peut plus parler en termes de
science que "de champs de rationalité
cohérents" et l'astrologie en est un. Sans aucun
doute. C'est d'ailleurs ce qui a permis sa transmission
au cours des siècles. Réintégrer le
notion de karma dans ce "champs de rationalité
cohérent" ne nécessite donc que quelques
petits réajustements méthodologiques, mais
n'implique pas de changer totalement de
référent.
Puisque nous sommes à l'heure de
l'informatique, il est facile de comprendre, si l'on
compare l'astrologie à un logiciel, que quelques
2000 ans après sa mise en point par
Ptolémée, elle ait besoin d'une petite
remise à jour...
Une simple remise à jour
méthodologique
Comme le note Emmanuel LEROY dans son mémoire
d'agrément au R.A.O voici les quelques
"mini-révolutions" que j'opère dans
l'astrologie traditionnelle pour la rendre "karmique". On
peut considérer que ce n'est en
réalité qu'une "remise à jour" de la
lecture du thème selon l'état actuel de nos
connaissances et de notre conscience. Citons donc
Emmanuel : "L'astrologie karmique de Laurence Larzul
s'inscrit dans la continuité de l'astrologie
traditionnelle occidentale, même si elle n'en
reprend pas intégralement le contenu et s'en
différencie sur plusieurs sujets, par exemple sur
l'analogie planète/signe/maison et sur
l'attribution de la mère à la maison IV, et
donc du père à la maison X. Concernant
l'analogie signe/planète/maison, il peut
être utile de préciser qu'en astrologie
karmique, on reconnait que l'énergie
planétaire colorée par le signe s'incarne
dans le domaine signifié par la maison, comme en
astrologie traditionnelle. Mais on observe
également des résonnances ou des
redondances qui font que, par exemple,
l'interprétation d'un Noeud Nord en Bélier
et en maison III et celle d'un Noeud Nord en
Gémeaux et en maison I présentent des
points communs. Par ailleurs, l'astrologie karmique de
Laurence Larzul n'utilise pas les dignités
traditionnelles. Et elle relativise l'importance des
aspects. Pour reprendre une expression tirée de la
brochure d'Yves Lenoble, Origine et histoire des
maisons, des aspects, des maîtrises, du
zodiaque, nous pouvons dire qu'il s'agit d'un
"changement d'optique" comme il y en a eu à
de nombreuses reprises dans l'histoire de
l'astrologie."
Emmanuel,qui pratique depuis de longues années
maintenant ma méthode, et qui a pu ainsi
l'approfondir, en a bien cerné les
"mini-révolutions" méthodologiques. Elles
ne font que recadrer le discours de l'astro-logos (le
discours des astres) pour le rendre tout à la fois
plus contemporain sur le plan méthodologique, en
évacuant des concepts et des distinctions de la
tradition tels que naissance diurnes et nocturnes. En
effet, pour rendre plus "subtile" son discours,
l'ancienne astrologie avait besoin de ce type de
"nuances" puisqu'elle manquait, jusqu'1781, de 3
planètes pour s'expliquer les choses.
Maintenant que ces 3 transpersonnelles existent et
sont intégrées dans le logos de
l'astrologue : quel sens cela aurait'il de continuer
d'utiliser cette méthode ? Puisque la
découverte de ces nouvelles planètes vient
combler une lacune dans le discours de l'astrologue
...
Comme je le réponds à mes
élèves, cela serait en tout cas un
archaïsme que de conserver la double maîtrise
pour les signes du Scorpion, des Poissons, et du Verseau
dans la pratique de cette méthode. On peut les
connaître à titre de "culture personnelle",
mais en tant que praticien de cette nouvelle astrologie
ce serait faire montre d'incohérence
méthodologique.
C'est sur ce genre de "précision" que repose la
nécessité de se former par les cours de
l'association. J'en vois trop piocher de bric et de broc
dans diverses pratiques pour aboutir finalement à
un galimatias karmique. La méthode que je propose
est rigoureuse et excessivement cohérente. Et ce
sont les "réflexes" de lecture, nécessaires
pour accéder à cette cohérence, et
donc à une clarification karmique du thème,
que j'enseigne.
Lorsque j'entends certains dire que toutes les
méthodes et approches se valent, je rappelle qu'il
ne faut pas confondre astrologie et voyance. Une personne
douée d'intuition, même non astrologue,
pourra vous dire la vérité simplement en
regardant une flaque d'eau, ou encore le fond d'une tasse
de café ! Si l'astrologie s'est
élevée au rang de science, c'est bien qu'il
y a une méthodologie et une rigueur qui permet sa
transmission, par delà tout don divinatoire et
autre intuition du moment qui, pour être juste un
jour, peut nous induire en erreur le lendemain.
L'astrologie est un yoga mental et on ne peut se
permettre, en prenant l'analogie du yoga du corps, de
pratiquer un asana de n'importe quelle façon sous
peine d'en obtenir le résultat inverse à
celui espéré. Et ceci est d'autant plus
dommageable pour celui qui est en quête de
vérité et la cherche via la pratique
astrologique. Car alors : il aboutira à une
contre-vérité.
Ce n'est pas parce que certains se contentent
d'à peu près et se permettent
l'approximation en toute impunité dans la mesure
où fort peu, à part les enseignants
rigoureux, pourront les contredire, que ceci doit faire
loi. Ils devraient éprouver de la
culpabilité de rester ainsi ignorant et à
profiter de l'ignorance d'autrui. Mais ceci relève
du sens de la responsabilité personnelle. Et, nous
le savons, elle n'est pas également
partagée entre les hommes...
Pour ma part, par delà l'enseignement purement
technique, j'enseigne aussi "le coeur et la rigueur" sans
aucun doute plus importants qu'un quelconque don de
voyance non maîtrisé pour faire un
véritable astrologue...
©Laurence LARZUL
15 novembre 2007
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